Génération techno-schizo

Publié le par Lone Ghazael

 


double_face.jpg.scaled.1000.jpgY en a marre de se retrouver tous les soirs comme des  cons seuls et souvent face à un écran. A attendre que le petit point gris passe au vert, signe d’une virtuelle présence pour un virtuel échange.

Ok ! J’admets que certains jours on est bien là tranquilles détendus et à la fraîche. Un bon bouquin, un verre de vin,… c’est très bien tout ça. Mais il faut aussi avouer que parfois on se sent plutôt abandonnés comme des chiens sur une aire d’auto-doutes...




Il n y a jamais eu autant de célibataires sur la place et jamais le sentiment de solitude n’a été aussi grand... Y a comme un blem…' pourtant je vois autour de moi des gens bien, beaux, intéressants, intelligents ce n’est pas ce qui manque. Tous et toutes des diamants solitaires ?

Nous vivons, effectivement un paradoxe ; on s'ouvre de plus en plus au monde, on chat des heures avec la terre entière, on partage notre humeur, nos faits et gestes quotidiens sur Facebook, nos coups de cœurs et les bleus à l’âme sur Myspace, ses expériences pros sur les réseaux sociaux et grossissons chaque jour un peu plus les rangs des prétendants sur les sites de rencontre. Et dans la "vraie" vie, on s'enferme, un casque sur les oreilles, une console entre les mains ou un tech-toy dernier cri pour tromper l’ennui. Tout est bon pour marquer son territoire et ainsi s'éviter toute possibilité de communiquer de créer et maintenir le lien et se confronter à son compagnon de rue, de métro... et de vie !

Ce phénomène, essentiellement urbain, accouche d'individus "individualistes" à une époque où le nombre de célibataires bat tous les records. Selon l'INSEE, il y a 18 millions de célibataires en France. La majorité a entre 25 et 39 ans. Des chiffres qui ont augmenté de 10% en moins de 30 ans.

Notre génération vit la révolution virtuelle comme nos parents ont vécu la révolution sexuelle : nouveaux codes, nouvel équilibre à trouver, relations kleenex générées par tant de facilités à établir des contacts et rencontres virtuelles, exhibitionnisme, nombrilisme… un phénomène que dépeint Boris Cyrulnik comme "une société High Tech qui fabrique une génération de pervers narcissiques… une mutation qui assassine le couple".

Les codes d'aujourd'hui, quoiqu'on en dise, sont plus imposés qu'acceptés et encore moins digérés par les 30-45 ans. Les blessures, la peur de l’échec et une idéalisation des rapports humains y sont pour beaucoup. Génération écrasée sous l’attente de la relation parfaite, du lien sans faille, de l’amour qui comble tout…

Nous sommes des êtres sociaux et sensibles. Depuis la nuit des temps, les hommes et les femmes se sont cherchés et trouvés. A chaque période de l'histoire (et préhistoire) ses motivations : reproduction de l’espèce, héritages, amour romantique, institution du mariage puis l’amour comme institution…

Le partage est inscrit dans nos gènes. De tout temps, et même si ce n'est pas pour être en couple, l’homme a toujours aspiré à une vie en communauté. Celui et celle qui doit tout assumer seul(e) est une nouveauté de la dernière seconde à l'échelle de son histoire. Une aberration générationnelle, un drame, un choc et nous devons y faire face. Perdus, fatigués nous cherchons dans les livres des recettes toutes faites et le réconfort chez le psy. Nous nous projetons à coup d'ambitions démesurées dans un avenir anxiogène. Nous nous tuons au travail pour tuer le temps, mais rien de tout cela ne peut combler le vide affectif, la solitude ambiante, le lit, nos vies...

Sommes-nous une génération sacrifiée pour autant ? Devons nous attendre l'émergence de nouveaux modèles : couples CDD et temporels, l'amour amical, relations à distances, cyber-holographique, ... pour vivre un nouveau bonheur à deux ?

Peut-être que cet état de crises, (financière, alimentaire, écologique, sociologique, virtuelle, politique, ...) va finir par mettre en exergue les valeurs refuges, comme la famille, l'amour, le couple. Revenir aux fondamentaux, vivre en communauté et mêler amour, amitié et sexualité, s'il le faut. De la tendresse BORDEL, de l'amour gratuit... on en est tous capables, on y aspire, on en rêve mais on en a tous peur. Le changement commence par soi, qui induira d’autres ailleurs. N’attendons plus pour partager rire, pleurer, aimer, baiser, manger, méditer, ce sont les seuls fondements qui vaillent le combat !!!

Peut-être qu’après autant de désillusions on redécouvrira le bonheur d’une société "REVIVAL" pour le repos des guerriers et amazones que nous sommes !

J’ai fini de jeter mon pavé "y en a marre", vous pouvez quitter vos écrans, fermer vos livres et retourner à une activité normale.

 

 

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