Il n y a qu'un maillot qui m'aille

Publié le par Lone Ghazael

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C’est l’été, les magazines vantent tous les régimes « Ducon » et ne parlent que de minceur et de tenues légères. Arrrggg pour moi cela rime avec début de l’enfer du décor d’ailleurs j’ai déserté les plages, abandonné la piscine, oublié les solariums. Mais pourquoi donc tant de haine ?

 

Parce que je suis une fille "pile-poire". La mode n’est pas faite pour moi, le slim j’oublie, le taille basse baille, c'est bien ennuyeux, et le bustier si sexy n’a pas de quoi se tenir. Si l’hiver je m’accommode de vestes aux solides épaules, de trucs pigeonnants et d’autres faussement moulants, l’été, sur la plage nue ou presque, ce ne sont pas les 20g de l’étoffe d’un maillot qui vont effacer le trop plein postérieur et étoffer le trop petit buste que j’ai.

 

 

Je sais qu’on a toutes un petit complexe, un défaut à effacer et des avantages à mettre en avant et j’ai même classé les filles en deux catégories :

 

 

- les piles : rien devant, « a tout » a posteriori. Ces filles ont des hanches, des fesses, un ventre plat. Mais ne dépasse pas le bonnet B et sont souvent courtes sur pattes

 

- Les faces, tout en jambes, ont une jolie poitrine mais de petites fesses, voire plates, et petit bedon ; Il y a une justice tout de même, elles ne sont pas parfaites.

 

Il y en a bien une troisième, hors catégorie, celles qui sont « pile et face » à la fois, et qui se payent notre "tranche", on les appelle communément « mannequin » elles nous énervent et on les déteste.

 

Bon revenons à mon histoire de maillot de bain.

 

 

Contrairement aux dessous que l’on achète séparément, j’ai longtemps pesté, au moment de choisir un maillot de bain, parce que pour une fille poire avec des petites pommes, quand le haut va, le « bas » blesse et inversement.

 

 

A moins d’en acheter deux identiques dans deux tailles différentes, trouver le maillot qui m’aille a longtemps été un véritable cauchemar. Et puis vint le jour béni où « La Redoutable » a mis en premier au catalogue des modèles de hauts et de bas vendus séparément. Depuis plusieurs marques de « bitch-wear" s y s’en misent, mais je n'ai pas pour autant partagé le calumet de la paix avec cet accessoire estival et chaque année je repars en guerre :

 

Opération commando rayon maillot des grands magasins : Que porter pour allonger la jambe, gommer le bout de gras sur les hanches et harmoniser le haut avec le bas ? Quel bas choisir pour quel haut ? Je prends tout ce qui pend sur les cintres, je me concentre sur les motifs et les couleurs, décidée à passer le temps qu’il faut en cabine pour trouver la combinaison idéale.

 

 

La stratégie qui tue : Déshabillage complet sous les lumières blafardes et directes des cabines d’essayage ; un corps sortant de l’hiver mis en garde à vue, ne peut mentir. Blancheur post-hivernale, cellulite douillettement installée sans me demander mon avis, quelques poils au mauvais karma réincarnés …enfin bref un vrai bonheur et dire qu’il va falloir trouver le truc qui met tout cela en valeur. Je prends mon dégoût à demain et j’enfile les 2 pièces, sans conviction, choisies dans le magasin.

 

 

Le boxer me va de face et fait la gueule à ma cambrure. Le ficelle très sexy devant, les petits nœuds sur les côtés rallongent de façon illusoire les jambes mais manque cruellement de tissus pour couvrir décemment la fessue. Le slip ordinaire, tout est dit ordinaire, l’emboitant taille haute donne du volume à mes hanches … bon j’opte pour le moins pire.

 

On attaque le haut, exit le bandeau, il fait de mes deux petits œufs un plat. Le triangle joli mais ne fait aucun compromis. Le pigeonnant trop mousseux et gonfle encore plus à l’eau, du coup le volume du maillot est deux fois plus important que celui de mes seins ; le ridicule ne tue pas mais quand même. Pour le balconnet personne au balcon, j’oublie. Avec ou sans armatures le cœur, serré et inconfortable, balance mais ne chavire point …

 

 

J’ai compté toutes les possibilités et cela peut aller, si l’on prend  toutes les formes de hauts et de bas qui existent, jusqu’à 100 combinaisons différentes. A cela on rajoute les paramètres couleur, matière et motifs, moi je vous dis je ne suis pas sortie de « la berge » … d’ailleurs tiens voilà une vraie solution. Se déshabiller dans l’eau et y rester

 

Plus sérieusement, il existe 7 morphologies différentes, pour lesquelles on peut à chaque fois combiner environ 5 formes de haut et de bas sans oublier le "une-pièce". Après on conseille les matières brillantes pour les plus minces, les rayures horizontales pour les étroites, le noir pour les plus pâles, les couleurs claires pour les plus mates et le blanc pour les audacieuses car il a tendance à fondre dans l’eau ; vous rentrez avec un maillot vous sortez sans tellement qu’il en devient transparent.

 

 

Je finis par un message aux marques de prêt à porter : s’il vous plait, pour vos cabines d’essayage, investissez dans une lumière douce (soyons fous des bougies) et indirecte, avec des miroirs qui rallongent un chouia la silhouette (le haut incliné vers le mur). Le choc du déshabillage, scrupuleusement détaillé car rien ne nous échappe le nez à 30 cm de la glace, sera moins traumatisant et nous donnera plus l’envie d’acheter. Vous gagnerez au change à coup sûr.

 

Chronique rédigée pour Eloge des Dessous

Publié dans Vie de Femmes

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