Nuit Elastique au cercle des "fouettent" disparus !

Publié le par Lone Ghazael

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Cœur épris n’est plus à prendre, enfin je veux dire le temps que dure l’opération réparation-maintenance. En attendant la prochaine romance, je remplie tout ce temps qu’est devenue ma vie. Fureteuse et fouineuse, peur de mourir bête, j’ai ressortie ma liste de choses à voir, à faire et qui n’engagent que ma curiosité débordante.

- Participer à un speed dating et y affiner mes techniques de vente

- Aller à une soirée fétichiste pour voir comment on y S’M

- Assister à des conférences sur le lutinage et comprendre pourquoi lutin veut être loyal sans être fidèle


Je vais donc vous raconter ma nuit au cercle des "fouettent" disparus. Chronique d’un saut fantastique en tenue élastique en milieu fétiche. Au programme soirée "Démoniak" la plus courue de Paris.

 





Une règle essentielle ; on ne badine pas avec the "dressage" code. La Nuit Elastique est avant tout une soirée qui s’adresse aux fétichistes du vinyle, du cuir et du latex. Je me devais d’afficher un minimum de "tenue" car comme dirait l’organisateur :

"Afin de s’assurer que la soirée ne se transforme pas en zoo où des voyeurs viendraient regarder les fétichistes nous avons opté, comme toutes les autres soirées fétichistes au monde, pour l’obligation de respecter un minimum de tenue fétichiste pour pouvoir entrer".

Au regard de ce que j’y ai vu, franchement on se demande de quel côté est le voyeur quand on découvre le zoo ; mais c'est l'hôpital qui se moque de la chasteté !

 

J’arrive sur le quai, car ça se passe sur une péniche en plein XVIe arrondissement. Malgré le froid, dans un vestiaire improvisé, se changeaient Monsieur et Madame Tout le Monde. Tels des Cendrillons ils se métamorphosaient d’un coup AbrAcadAbrant en dominant/dominé emballés sous plastique. On ne passe la caisse qu’après avoir montré patte latex. Vérification faite, ma tenue était, je le précise, sobrement, aux normes ; pantalon et bustier en cuir, et pour fondre dans le décor une cravache à poney dénichée pour 5€ chez Décathlon.


Je déambule de surprises en découvertes entre le salon lounge, le bar, la piste de danse… La Nuit Elastique est à s y m’éprendre, une soirée comme les autres ; on y boit on y fait des rencontres, on drague … jusque là rien de bien nouveau sur le concept sauf que on y voit des hommes en laisse, à quatre pattes dans une position de chaude attente pour la fessée. Des femmes face-normale, pile- fesses à l’air, des filles accrochées au plafond par des cordes aux savant nœuds nippons, des uni-sexe et sexes-unis,… j’en ai presque le tournis et c’est à ce moment là que je tombe dans la salle du donjon aménagé.

 

Cage, chaines, menottes, tables de gynéco… et fauteuils où s’installent confortablement les voyeurs. On assiste aux démonstrations en live mieux que sur SM6 boutique. Si vous ne savez pas à quoi sert la corde ou que vous doutiez sur la bonne utilisation des boules de Geisha... vous en resterez pas ignorants très longtemps. Un peu scotchée, les yeux grands ouverts pour mieux regarder ce que le spectacle offrait, je m’étais affalée sur un coin de canapé. Ca ne faisait pas cinq minutes que j’étais là, qu’un monsieur (enfin je crois) s’approchant de moi me tendant une laisse me demanda la bave en coin :

- "Me permettez-vous de vous lécher les bottes Maitresse" gloups …

- "Vous voulez dire au sens propre ?" dis-je sous l’effet de la surprise.


Sans plus attendre, il s’est mis à son humide besogne en glapissant de joie. Moi gênée je ne savais plus si je devais le lui interdire ce qui revenait à l’humilier et donc à lui faire plaisir ou le laisser revernir mes shoes. Après tout j’étais là pour vivre une expérience inédite et dans un sursaut de lâcher-prise (est-ce possible ?) j’ai même fini par trouver son coup de langue agréable...

 

Vous remarquerez le ton poli et le vouvoiement de rigueur. Ici on peut vous ficeler comme un rôti de veau, vous mettre un doigt dans le c** façon fourre-fouille mais avec classe et les bonnes manières. S’il devait y avoir un leitmotiv ça serait "Laissez-vous aller, s’il vous plait ! Osez pratiquer partout et sur tout, chez nous c’est totalement permis".

 

Cela dit je ne m’attendais pas à autant de biodiversité de la faune plastifiée avec de gros doutes sur sa biodégradabilité. La fréquentation va de 20 à 70 ans, l’ambiance est assez jeune avec une majorité entre 20 et 45 ans. Les fétichistes soignent leur look et tout le monde s’amuse. Il faut dire que les styles très différents des DJ’s (rock, gothic, electro, new wave et techno) donnent vraiment envie de se trémousser sur le dance floor ou autour de la barre de pôle-dance.

 

C’est souvent sur la piste de danse que se font les premières approches et les rencontres. Certains y trouvent des partenaires pour se rendre dans un club SM, chez soi ou une soirée privée pour mettre les choses en pratique. Cela dit, j’ai appris que ces soirées sont ouvertes à toutes les autres pratiques sexuelles : échangisme, bisexualité, pluralité, homosexualité… Et quand on ne connaît pas encore très précisément ses goûts en matière de fétichisme ou de SM on peut tout essayer : fessée, domination, exhib’, humiliations, bondage et mesurer son niveau d’excitation en live !

J’ai particulièrement apprécié les performances artistiques de deux filles en tenue XVIIIe siècle ; bataille de l’ange et du démon dans une cage. J’avoue que ces créatures menues et graciles étaient particulièrement jolies et suggestives. Leur jeu érotique façon liaisons dangereuses ne m’a pas laissé indifférente. En revanche j’ai évité les recoins où au fur et à mesure que l’heure avançait des hommes se dénudaient, haletants et redemandant du martinet. Les demi-lunes rosies au fouet... franchement trop cru pour être mon truc !

 

Conseil de Maîtresse Zen, allez y "bien" accompagnée : Prince Vinyle de Latex servira d’alibi en cas de drague insistante. Si vous tournez de l’œil, vous aurez son assistance mais, mais surtout que l’effet de tels spectacles fini toujours par émoustiller et là vous serez bien contents de finir la nuit à deux ….


 

Cette chronique a été rédigée pour le compe d'Un Blog Nommé Désir (Vivolta)

Publié dans Sexe in the city

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